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LE CHATEAU DE MENETOU-SALON, PROPRIÉTÉ DE SAS LE PRINCE D'ARENBERG

Les actuels propriétaires du château sont L.L.A.A.S.S. le Prince et la Princesse d'Arenberg (Ve Prince d'Arenberg de la branche Française).

Le Prince Auguste d’Arenberg

Le Prince Auguste d’Arenberg occupe une place marquante dans l’histoire de la branche française de la maison d’Arenberg. Il vécut quatre-vingt-sept années fort bien remplies, et son nom apparaît dans les documents les plus divers des archives publiques françaises. Toute son existence fut un défi à l’oisiveté. C’est ainsi qu’en 1863, six années avant l’inauguration triomphale du Canal de Suez, on le verra chevaucher en Egypte au côté de Ferdinand de Lesseps, et il fut l’unique président à avoir reçu une telle expérience. Le 18 juin 1868, il épouse à Paris Jeanne de Greffuhle qui lui fera connaître l’immense domaine de la bienfaisance auquel il consacrera une grande partie de son activité inlassable.

En 1870 il combat avec les mobilisés de Bourges, puis commence sa carrière politique comme conseiller général du Cher (canton de Saint-Martin d’Auxigny), avant d’être élu député conservateur à la Chambre des députés le 14 octobre 1877. En 1889, séduit par Gambetta, ce descendant d’une des plus notables familles royalistes devient un rallié et siège au parlement comme député républicain. Deux questions retenaient particulièrement son attention : l’Afrique française et le Canal de Suez. Président du Comité de l’Afrique Française, il soutiendra par l’initiative privée les voyages d’explorateurs à travers le Soudan et appuiera les missions Foureau-Lamy, Gentil… En 1896, le Prince devient président de la Compagnie du Canal de Suez. Il le restera dixsept ans et mènera une présidence très active, dans les domaines les plus divers. Le Prince Auguste d’Arenberg oeuvre pour la neutralisation de cette voie internationale avec succès. Il a le sens du progrès social, et s’implique dans la construction des écoles et des hôpitaux. En utilisant les recherches scientifiques les plus récentes, il est à l’origine de l’éradication du paludisme à Ismaïlia. C’est également sous son impulsion que furent entamées les fouilles archéologiques de la Compagnie, menées par Clédat, et que fut créé le musée d’Ismaïlia. En 1896, le Prince d’Arenberg est élu membre libre de l’Académie des Beaux-Arts et entre ainsi à l’Institut de France. Comme le dit Jacques Rouché, membre de l’Institut qui a tracé un portrait très pénétrant de son collègue, le Prince Auguste d’Arenberg : "Issu de la noblesse, il allait vers la bourgeoisie, aristocrate, il allait vers la démocratie, riche, il s’occupait des besogneux, indépendant par sa fortune, il s’intéressait de près aux travailleurs, et aussi aux paysans du Cher et aux ouvriers des usines".

Le Prince Auguste d’Arenberg et son projet de fouilles archéologiques

Dans la seconde moitié de l’année 1904, le Prince Auguste d’Arenberg, au nom du Conseil d’administration de la Compagnie Universelle du Canal Maritime de Suez, engage Jean Clédat, ancien membre de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, en qualité de directeur des fouilles archéologiques de la Compagnie.

En avril 1904, d’Arenberg demande conseil auprès de Clermont-Ganneau, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, à propos du projet de fouilles dans la région du canal et de l’établissement d’un petit musée pour exposer les trouvailles de ses campagnes. « Je crois avec vous que Péluse et Tanis sont les deux points indiqués en première ligne pour tenter des fouilles méthodiques, lorsque vous disposerez des moyens nécessaires », explique Clermont-Ganneau à d’Arenberg au début du mois de mai. Mais à ce projet il faudrait ajouter au préalable, selon Clermont-Ganneau, l’étude des vestiges perses de la région du canal comprise entre Suez et Ismaïlia. Ces vestiges une fois trouvés et transportés à Ismaïla pourraient constituer le noyau du petit musée prévu par d’Arenberg. Clermont-Ganneau est d’autant plus sensible à ce projet préalable, qu’il a lui-même étudié ces monuments en 1886. Il est alors prêt à mettre ces notes à la disposition du chercheur qui serait engagé par la Compagnie pour ce travail. Il rappelle à d’Arenberg le don fait par Ch. Chartrey en 1892 au Louvre, d’un fragment de l’une de ces stèles, dont il faudrait selon lui un moulage pour le futur musée d’Ismaïlia. Cette recherche des fragments de stèles perses, « …inaugurerait dignement la campagne archéologique que (d’Arenberg) eu l’idée si heureuse d’entreprendre ». A la suite de cet entretien et de cet échange de courrier avec Clermont-Ganneau qui est le premier interlocuteur de d’Arenberg à cette époque, celui-ci consulte le conseil d’administration de la Compagnie le 6 juin 1904, sur le principe seulement de ces campagnes archéologiques, que le Conseil accepte en fin de séance. Celles-ci pourraient être financées par un prélèvement annuel sur les fonds du conseil d’administration, à hauteur de 500 francs par administrateur, et ce financement ne serait maintenu que si des résultats encourageants étaient observés.

Le 27 août 1904, le prince d’Arenberg fait savoir à G. Maspero (1846-1916), directeur du Service des Antiquités, qu’il aimerait s’entretenir avec lui d’un projet de fouilles archéologiques dans la zone du canal de Suez. D’Arenberg est reçu avec attention par Maspero, qui, par manque de moyens, désire que son Service des Antiquités ne s’occupe que de restaurations de monuments et de déblaiements. Les fouilles proprement dites, le chef du Service les délègue alors largement à des sociétés savantes ou à divers organismes. Le projet de la Compagnie, pourvu qu’il s’accompagne des mesures de précautions habituelles, est donc le bienvenu, d’autant qu’il se situe dans une région relativement délaissée sur le plan archéologique. Maspero croit d’ailleurs que bon nombre des vestiges présents dans cette région doivent être endommagés par l’action de l’eau et du sel.

En septembre 1904, d’Arenberg demande à Clédat un rapport préliminaire dans lequel il exposerait l’utilité de fouilles archéologiques dans cette région. Ce rapport, comportant une quinzaine de pages, est intitulé : « Rapport au sujet des recherches archéologiques à exécuter dans l’Isthme de Suez, et particulièrement dans la région du Canal ».

Après avoir consulté le rapport de Clédat, d’Arenberg, satisfait, lui demande le 30 septembre 1904 de lui fournir un projet de fouilles archéologiques dans la région : Clédat répond à cette demande par un courrier daté du 11 octobre. Il propose de faire débuter son programme par l’étude des sites de Péluse, Tennis et Tanis, sans omettre les sites secondaires se situant aux alentours de ces sites majeurs : Tell el-Fodde, Zamart, el-Kantara. C’est l’étude de ces sites secondaires qui vont le mener également au site de Tell el-Herr avec lequel il inaugurera sa véritable campagne. Il voudrait ensuite continuer son exploration en passant par le lac Menzaleh, pour y visiter Tennis et Tanis, avant de terminer par Tell Défenneh et Tell el-Maskhoutah. Tout ce programme aurait pour point de départ Ras el-Ech, sur le canal, entre Kantarah et Port-Saïd. Péluse retient particulièrement l’attention du futur archéologue de la Compagnie car le site se trouve en dehors, « …de tout lieu habité et son éloignement relatif de la route des caravanes de Syrie (lui a permis de ne pas être exploité) comme l’ont été plus ou moins les villes du delta placées à l’ouest du canal ». Clédat affirme qu’il y a beaucoup de chance de retrouver l’emplacement de la ville de Péluse, qu’il croit pouvoir observer dans l’état où l’on laissé les Croisés.

D’Arenberg prévient officiellement Maspero du désir du conseil d’administration de pratiquer des fouilles, dans une lettre datée du 3 octobre 1904. Lors de la séance du conseil d’administration de la Compagnie du 7 novembre 1904, il est donné à Clédat la somme de 4000 francs, demandée en fin de rapport et devant servir à couvrir les frais d’un mois de mission de reconnaissance, à partir de la mi-novembre. Cette mission devra faire l’objet d’un rapport auprès du Prince d’Arenberg, de façon à connaître exactement, « …quel terrain il convient d’attaquer », en premier.

Maspero, après avoir demandé l’accord du comité d’Egyptologie pendant sa séance du 16 novembre 1904, informe la Compagnie le 26 du même mois, qu’elle peut, « …entreprendre à ses frais et aux conditions ordinaires, des fouilles dans toutes les localités anciennes qui avoisinent le Canal ». Le 6 décembre, d’Arenberg remercie Maspero de l’autorisation accordée et le 28 décembre, il expose les engagements de la Compagnie : aucun objet trouvé pendant les fouilles ne sortira d’Egypte, mais au contraire tous seront exposés dans un petit musée à Ismaïlia.

Le 7 janvier 1905, d’Arenberg reçoit l’autorisation de fouilles. Il répond à Maspero dans une lettre datée du 16 janvier : « Grâce à votre bienveillance tout est donc en règle à présent et le jeune Clédat va s’établir à Tell Herr pour y commencer ses travaux ».

C’est le début de la campagne de fouilles de la Compagnie Universelle du Canal Maritime de Suez.

Pour Clédat, la volonté de la Compagnie d’entamer des fouilles en 1904, est « Une nouvelle tentative » : « Le plan présenté par la Compagnie du Canal de Suez en ordonnant des recherches archéologiques dans son domaine et la région avoisinante,…, (est) précisément d’étudier l’histoire géographique et d’entreprendre l’exploration du pays, de relever les sites antiques, de constater l’état des choses, et dans le cas où le résultat des investigations eût été (satisfaisant), de pratiquer des fouilles dans le lieu désigné ». La fouille n’est que la dernière étape d’une longue enquête sur l’intérêt historique du lieu.

Le Prince Auguste d’Arenberg, passionné d’archéologie, est un personnage central dans la carrière de Jean Clédat. Le Prince est membre de la Société Française de Fouilles archéologiques (SFFA) à partir de 1905, et prend la direction de la Gazette des Beaux-Arts à partir de 1906, à la mort de Ch. Ephrussi. Par ses fonctions, d’Arenberg est l’intermédiaire entre la Compagnie et ses administrateurs, ses actionnaires et ses clients. Cette fonction l’oblige à faire une inspection chaque année dans la zone du canal, pendant l’hiver. Il passe ainsi en Egypte au moins six semaines par an. A chaque inspection, d’Arenberg passe à Ismaïlia. Il travaille alors dans les bureaux de la Compagnie et rencontre Clédat qui lui montre les objets dernièrement découverts sur les sites qui l’occupent. Le mercredi 25 octobre 1911, lors de la séance publique annuelle des cinq Académies, le prince d’Arenberg, alors devenu délégué de l’Académie des Beaux-Arts pour son action en faveur du sauvetage et de la connaissance des sites archéologiques de la région de l’isthme de Suez, prononça un discours sur « Les fouilles de la Compagnie du Canal de Suez en Egypte », préparé par Jean Clédat. Les inspections du prince d’Arenberg en Egypte donnent toujours lieu à un rapport, dont quelques-uns sont conservés dans les archives de la Compagnie.


THE MENETOU-SALON CASTLE, PROPERTY OF PRINCE D'ARENBERG

The Château de Menetou-Salon, property of the Princes d’Arenberg since 1773 and whose current owners are the Prince and Princess d’Arenberg (Ve Prince d’Arenberg - French Branch)


Vente de vin de Menetou Salon : http://www.boutiquemenetou.com

Ouverture saison 2008 :ouvert tous les jours
du 1er juin au 31 juillet de 10h à 19h
et du 1er au 30 septembre de 14h à 18h
Tél. : 02.48.64.80.54 - Fax : 02.48.64.89.05
E-mail : visites@chateau-menetou-salon.com ou sylviechanel@msn.com

TARIF Individuel : 8,50 euros - Gratuit pour les moins de 7 ans
TARIF Groupes : 7 euros
Le Château seul : 7 euros
TARIFS réduits : 5,5 euros Durée de la visite : 1H15